Ces temps-ci, je me consacre tout particulièrement à trois textes bien différents : Porteurs, The Red Church et Family Three. Prenons donc les choses dans l'ordre. Allez, on sort ses crayons et on écoute la maîtresse déblatérer ses bêtises habituelles !
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Porteurs
Kilimara vint s'asseoir précipitamment et attendit. Mais elle savait déjà ce que tout ça signifiait. Maintenant, plus personne ne pouvait ignorer la capture de ce criminel, aucun grille-pain révolutionnaire, aucun potin de célébrité ne viendrait les distraire. Rien ne pourrait leur faire oublier la peur qui s'emparait de chacun d'eux, nouant les entrailles de Talladar qui restée paralysée, admirative et apeurée à la fois. Après quelques minutes, une voix mécanique, inhumaine, s'empara de tous les canaux de télévision et annonça :
"Monsieur Fohara, arrêté la nuit dernière pour meurtre, sera Porté."
Kilimara frissonna. Comme tous les Talladans à cet instant, elle savait que la nuit serait longue.
Ce roman est mon premier achevé (oui, après presque quatre ans, d'innombrables réécritures et tout autant de prises de tête =___=). Ce gros bébé qui, avec le dernier ravalement de façade, devrait atteindre les quelques 700 pages m'a tenue occupée depuis mon année de Seconde. On y rencontre Kilimara, étudiante de 19 ans dans le District Est de l'immense ville-pays de Talladar. La demoiselle est petite, ronchon et sarcastique (où vous voyez une Mary-Sue, vous ?) ; bref, elle et moi avons quelques points communs. Lorsque je m'en suis aperçue, je n'ai pourtant pas jugé utile de modifier son caractère : entre-temps, c'est moi qui avais changé. Au final, je ne me retrouve plus qu'à moitié en elle.
Mais là n'est pas la question. Cette histoire part d'un principe simple : dans ce monde, lorsqu'on commet un crime, ça n'est ni la prison ni la chaise électrique qui nous attend, mais bien la tête d'un innocent citoyen élu parmi la population. Et justement, ce matin-là, un certain Heran Fohara, accusé de parricide, a été capturé par la police. Devinez un peu qui va se le coltiner ? Je vous le donne en mille : Kill (et en plus je fais des rimes ! *w*). Ne boudez pas, il n'y a aucun suspens jusque là, on s'attend à cette issue dès la cinquième ou sixième page...
Je suis actuellement en train de réécrire le chapitre 11 (youhou, plus que 59 ! Comment ça mon enthousiasme n'est pas crédible ? ><') et de peaufiner le synopsis complet dans l'espoir de vite envoyer les 50 premières pages à une maison d'édition. Au pire j'y gagnerai quelques conseils pour améliorer ce début. Petit aperçu ?
Les premiers rayons de Féli naquirent à la cime des vagues, éclairant l'écume avant de plonger dans ses yeux éblouis. La mer avait l'air si paisible, si lasse. Plus que jamais, Kilimara lui ressemblait. Et même le souvenir du radieux sourire de son père ne parvenait plus à réveiller l'eau assoupie. La silhouette du bateau de pêche disparut dans un nouveau mirage et la douleur l'empoigna. Deux larmes roulèrent docilement sur ses joues et Kilimara se pencha au-dessus des flots pour les y laisser tomber, petites perles de nacre dans la lumière.
- Retournez d'où vous venez, murmura-t-elle.
C'est ce que te disais ton père ?
« À l'aube du jour de ma naissance, il est venu se baigner ici avec moi pour la première fois. Il racontait... il racontait que la mer avait rempli mes yeux de larmes et que Féli était venu s'y glisser pour les sécher. »
J'ai tué mon père.
Le jour était bien là, désormais, et colorait les vagues d'un bleu doré. Même devenus verts, les yeux de Kilimara dévoraient l'Océan, lui volant grandeur et éclat sous le couvert chaleureux d'un soleil de sang.
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The Red Church
C'est l'histoire de Jackie. C'est l'histoire d'une créature trop étrange pour intéresser son peuple, trop faible pour endosser son rôle, trop triste pour renoncer à son passé d'humaine. C'est l'histoire de Lillian, c'est l'histoire d'Alvin et Andrew. C'est l'histoire d'une renaissance, d'un combat contre un monstre assoupi par les années, d'un bonheur retrouvé dans la solitude.
C'est l'histoire d'Annah. C'est l'histoire d'une héritière poursuivie pour les crimes de ses ancêtres, tuée par les monstres qui rôdent depuis toujours aux abords de leur demeure. C'est l'histoire de Gillian, c'est l'histoire de Liam et Michael. C'est l'histoire d'une renaissance, d'une lutte pour la sécurité d'une petite sœur, d'un courage inébranlable.
C'est l'histoire de ça. C'est l'histoire des esprits trop longtemps prisonniers du néant, tournant sans cesse dans l'espoir d'un appel. C'est l'histoire d'Allen, c'est l'histoire de McNeil et de Callaghan. C'est l'histoire d'une renaissance, d'une bataille pour le triomphe d'un amour muet, d'une croisade pour la paix.
C'est l'histoire d'une famille. C'est l'histoire d'une guerre.
Deuxième roman, deuxième galère. Je suis encore loin d'avoir fini celui-ci, puisqu'avec *farfouille dans ses dossiers* 271 pages, je débute tout juste le véritable récit (vous avez le droit de dire que j'en fais des tartines). Cette histoire me vient d'un rêve et d'une envie de me lancer un petit défi : celui d'apprendre à modifier mon style.
J'avais privilégié l'action et les rebondissements dans Porteurs, je me consacre ici à la psychologie et aux mystères (non pas qu'il n'y ait réciproquement pas de réflexion dans Porteurs ou d'action dans The Red Church). Je voulais aussi tenter l'expérience d'un autre genre d'ambiance, largement influencée par mes lectures de Stephen King. Me voilà donc partie pour l'Angleterre et plongée dans la fratrie de McNeil, puis dans la vie des Allen, puis dans la secte des Médiateurs. J'aurais bien du mal à en parler plus clairement sans gâcher le suspens. Le mieux est de vous montrer :
Vérifiant une nouvelle fois que ma mère était trop occupée pour me remarquer, je passai un doigt sur le carrelage et enrobai ma dernière phalange du liquide poisseux. C'était stupide, complètement stupide. Pourtant je le fis.
Son sang était encore délicieusement chaud. J'avais fermé les yeux et aurais volontiers éteint tous mes autres sens si seulement j'en avais été capable. J'essayai d'oublier le murmure de la voix de ma mère, l'odeur du désinfectant qui flottait encore dans le hall, le contact douloureux du carrelage. Je ne voulais connaître que ça, cette dose concentrée de perfection qui enveloppait ma bouche. Je frottai ma langue à mon palais, dégustant les dernières particules qui s'attardaient sur mes papilles. Puis il n'y eut plus rien qu'un vague arrière-goût de « juste divin ».
J'essuyai avidement la deuxième tâche et léchai mon doigt de bas en haut, comme on rattrape une goutte de crème glacée qui s'est échappée du cornet. Mais cette crème glacée-là était tiède, épicée, exotique... verte.
22 Septembre 2004. L'appareil du vol Oceanic 815 s'écrase sur une île du pacifique sud, apparemment inhabitée. Mais là-bas, au creux de cette plaine, dans leur petit jardin, des gens l'ont vu chuter à travers le ciel sans nuages. Parmi eux, une jeune femme. Dans les coulisses, elle tentera de protéger cette île, leur île... jusqu'à découvrir la terrible vérité : c'est elle qui doit être protégée.
Elle qui détient l'avenir d'un peuple et d'une terre entre ses mains...
On quitte l'univers du roman pour entrer dans celui de la fanfiction. Ce n'est que très tard que je me suis intéressée à ce genre d'écrits, alors que le chemin habituel est plutôt de la fanfic à l'original. Mais boostée par mon premier et grand amour télévisuel, aussi connu sous le doux sobriquet de Lost, je me suis lancée. L'idée de base n'est pas très intéressante : pour les initiés, nous nous infiltrons chez les Autres à travers les yeux d'un personnage confectionné par mes petits soins, une jeune femme du nom de Rowan. Après un début qui peine à décoller (sans mauvais jeu de mots...), j'espère avoir réussi à me détacher du pitch original. Malheureusement, comme j'ai horreur de trop m'éloigner de l'intrigue mise en place par les créateurs, ce qui me donne souvent l'impression de dénaturer leur travail, les grandes lignes restent identiques...
J'ai essayé de me convaincre pendant longtemps que je n'écrivais pas d'histoire à l'eau de rose (ce que j'ai en horreur, en général) et j'ai collé à Family Three des étiquettes du genre "mystère" ou "drame" pour éviter la terrible "romance". Maintenant qu'il ne me reste plus que 8 chapitres et l'épilogue à écrire pour boucler les 450 pages de "ma petite fanfic" (dixit l'auteur raisonnable qui part plein de bonnes intentions dans un nouveau projet *sifflote*) je crois que je n'ai pas d'autre choix que de m'avouer contaminée par la guimauve. T.T
Rowan ne supportait pas l'idée de rester là, nageant entre deux eaux, contrainte de se rapprocher des Six Oceanic sous prétexte que sa famille lui reprochait sa disparition. Peut-être avaient-ils oublié, peut-être avaient-ils chassé cette nuit de leur esprit. Mais Rowan se souvenait, elle, des circonstances dans lesquelles elle avait dit adieu à son foyer. Ballotée de bras en bras, se vidant de son sang à l'arrière d'un hélicoptère qui l'arracherait à tout ce qu'elle avait aimé, elle s'était enfuie sans pouvoir jamais se retourner. Et lorsqu'elle s'était enfin éveillée, lorsqu'elle avait réalisé qu'on l'avait chassée au lieu de la sauver, Rowan s'était retrouvée avec le cadavre de Locke sur les bras et le poids des remords et du chagrin sur les épaules.
Elle ne voulait pas de la protection de Jack, ne voulait pas de l'amitié de Sayid ni de la complicité d'Hurley. Elle voulait ces longues soirées passées sur le porche avec Richard au son de leur tourne-disques, elle voulait ces parties de football américain avec Tom, elle voulait le parfum chocolaté des cookies d'Amélia, les séances de baby-sitting en compagnie de Zach et Emma. Elle voulait les éclats de rire de Juliet, l'amour silencieux de ses prunelles océan, les secrets jamais dévoilés. Elle voulait la confiance inavouée de Ben et son amitié changeante.